Daniel Brottier

7 septembre 1876 – 28 février 1936

“Si on m’ouvrait son cœur, on y trouverait… un orphelin et la Cathédrale de Dakar !”

Daniel Brottier naît le 7 septembre 1876 à La Ferté-Saint-Cyr dans le diocèse de Blois, au nord de la France. Très tôt il vit une foi profonde. Sans surprise il entre au séminaire et se fait ordonner prêtre le 22 octobre 1899. Cependant, être prêtre en France ne lui convient pas. Depuis longtemps il rêve des missions au loin. C’est avec cette idée en tête qu’il entre dans la Congrégation du Saint-Esprit. Malgré une santé fragile, il réussit à être envoyé en mission au Sénégal, en Afrique occidentale, où il travaille avec enthousiasme dans la paroisse de Saint Louis.

Sa santé le contraint à revenir en France en 1911, et, à la demande de Mgr Jalabert, il collecte des fonds pour une cathédrale à Dakar (Sénégal), la “Cathédrale du Souvenir“, où seraient rassemblés les restes des missionnaires morts dans ce pays.  Arrive la Première Guerre Mondiale. Refusé dans l’armée, toujours pour raisons de santé, il s’engage comme aumônier volontaire. C’est ainsi qu’il prend part aux batailles de Lorraine, de la Somme, de Verdun, et des Flandres.  Avec les survivants de la guerre, il fonde l’Union Nationale des Anciens Combattants et leur donne comme devise : “Unis comme au front“.

En 1923, l’Archevêque de Paris, le Cardinal Dubois, demande à la Congrégation du Saint-Esprit de prendre en charge une œuvre qui accueillait des enfants pauvres, la plupart orphelins. Cette tâche entrait dans les options de la Congrégation, et le P. Brottier s’y engagea de tout cœur. Il s’occupa non seulement de trouver la subsistance pour ces jeunes, mais aussi de leur donner une formation, afin qu’ils puissent prendre leur place dans la société.

Il passera les 13 dernières années de sa vie parmi ces enfants abandonnés. Il les accueille, les écoute, et souffre avec eux dans leur misère.

De l’orphelinat, le Père Brottier écrivait :

« Et ils viennent confiants à Auteuil. Ils ont entendu dire que dans cette maison, tant qu’il y a de la place, on donne à manger, à boire, à dormir à des enfants comme eux.  Mieux que cela : on leur apprend à travailler, c’est-à-dire à préparer l’avenir, un avenir heureux sur lequel, plus tard, ils pourront fonder, avec une famille à eux, de la joie, de l’amour… »

Le P. Brottier, sans penser à lui-même, essaie de donner aux enfants au moins le confort suffisant pour leur communiquer le désir de vivre comme les autres :

« Croyez-moi, il faut un minimum de bien-être et de confort pour que ces jeunes grandissent sans ressentiment.  Autrement, plus tard, ils sèmeront les germes de la révolte et de l’anarchie dans la société. »

Trouver des alliés dans l’union pratique avec Dieu

Daniel Brottier a trouvé une alliée et une amie pour sa vie et pour son travail en la personne de Thérèse de Lisieux, à  peine béatifiée.  À Auteuil, il “complote” avec elle sur les multiples façons de “faire jouer  la Providence”, pour l’entretien et le développement de l’œuvre des orphelins.  Quoiqu’il soit particulièrement homme d’action, son travail découle d’une “union pratique” avec Dieu.  Il le dit ainsi:

« Si la Providence existe, si Dieu s’occupe des orphelins et des abandonnés ; si les petits oiseaux des champs et les lis de la vallée lui sont chers, si les mérites des uns sont réversibles sur les autres, eh bien ! alors, il faut agir selon sa croyance. Il ne faut pas douter de la Providence.  Prier et agir, avec cela on aplanit les montagnes.  Il faut y aller carrément et faire confiance à Dieu. On a la foi, ou on ne l’a pas… »

Le P. Brottier est mort le 28 février 1936, à l’hôpital Saint-Joseph à Paris.  Il est inhumé dans la chapelle Sainte-Thérèse à Auteuil le 5 avril 1936.  Il a été déclaré vénérable en 1983 et béatifié le 25 novembre 1984 par le Pape Jean-Paul II.